Pascal Rialland : l’étape ultime de notre stratégie est de créer une plate-forme de processus d’entreprise

29/07/06 par La Rédaction 0

Le dirigeant fait le point sur les différents enjeux, à la fois stratégiques et technologiques, auxquels fait face aujourd’hui le géant allemand de l’ERP.

PARIS, FranceQuelles sont les principales missions de SAP en France ?
Pascal Rialland : fournir à nos clients des solutions qui leur permettent de faire croître leur entreprise !

Quels sont les derniers gros contrats signés par SAP France ?
D’abord, sur le secteur public, la Mairie de Paris et le Ministère des Finances (Chorus). Sur le secteur de la distribution, Go Sport, Bouygues Construction, Pomona…

Qu’en est-il du projet Chorus mené par le Minefi ?
Il a été notifié lundi 27 mars. L’administration va maintenant lancer la procédure qui lui permettra de choisir l’intégrateur pour un déploiement à fin 2008 pour 25 000 utilisateurs.

Quel est le montant du contrat Chorus ?
Pour l’éditeur, en fonction des tranches qui seront retenues par l’administration, il se situera entre 20 et 40 millions d’euros.

Quel est votre point de vue sur la fusion Oracle / Peoplesoft ? Qu’est-ce que cela change pour SAP ?
Cela réduit le nombre de nos concurrents. De notre côté, nous restons sur une stratégie de croissance organique.

Citation... Pascal Rialland

Microsoft est à ce jour d’avantage un partenaire qu’un concurrent

Pascal Rialland
Directeur général
SAP France
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Que pensez-vous de l’arrivée de Microsoft dans les ERP ? Est-ce qu’il représente une menace ?
Microsoft est à ce jour d’avantage un partenaire qu’un concurrent (cf. Mendocino). Le marché de l’ERP requiert beaucoup d’expertise et d’investissement. De ce point de vue, il est prématuré de faire une analyse détaillée sur leur offre PME.

Pensez-vous que l’Open Source pourra un jour vous concurrencer ?
C’est plutôt un complément, qui concerne aujourd’hui les couches techniques de l’informatique (systèmes, base de données). Nous savons les intégrer dans nos technologies.

Quel lien entre SAP et la Business Intelligence ?
Nous avons une offre dans ce domaine depuis 1998. Aujourd’hui, plus de 20 % de nos clients l’utilisent et c’est un axe de croissance important pour nous.

Pouvez-vous revenir sur la stratégie de SAP dans les applications ASP ?
Nous avons annoncé une offre CRM On Demand au début de l’année. Une innovation importante est l’isolated tenancy, qui permet à chaque client d’avoir ses propres environnements et de le sécuriser selon ses besoins.

Pourquoi avait tant tardé (par rapport à Siebel par exemple) pour lancer votre offre ASP ?
Notre annonce amène une véritable rupture technologique, dans la mesure où il est possible à un client d’intégrer étroitement le CRM au reste du système d’information quand il le souhaite.

Vous développez vos offres vis-à-vis des PME? C’est sur ce segment que tout ce joue ?
Non, en revanche c’est un segment en forte croissance, où les dirigeants en France considèrent maintenant les SI comme un avantage concurrentiel et non plus comme un mal nécessaire !

Quelle est votre vision des Web Services et plus largement des infrastructures orientées services ?
L’étape ultime de notre stratégie est de créer une business process platform [ndlr plate-forme de processus d’entreprise], c’est à dire d’appliquer la technologie des Web Services aux processus de gestion des entreprises.

SAP rachète aujourd’hui l’éditeur Virsa Systems, pourquoi ? Quels apports ?
L’offre de Virsa adresse une préoccupation majeure des grandes entreprises française : la gouvernance d’entreprise et le respect des législations (Compliance Calibrator). Nous avons une très forte demande ; la solution était déjà développée sur SAP NetWeaver et nous en assurions la distribution. La vente de la société à SAP faisait probablement partie de la stratégie des créateurs.

Citation... Pascal Rialland

Nous évaluons notre part de marché sur les applications d’entreprise au sens large à 20 %

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Le marché de l’ERP a tendance à s’obscurcir avec tous les rachats? Vos clients s’en inquiètent ?
Non, je pense au contraire que la stratégie de SAP est parfaitement lisible, formalisée, communiquée, et que c’est d’ailleurs un de nos grands avantages concurrentiels. De plus, le marché est encore très morcelé, avec beaucoup d’acteurs de niche ; nous évaluons notre part de marché sur les applications d’entreprise au sens large à 20 %.

SAP a quand même du mal à se départir de son image d’usine à gaz. Dans le monde du conseil, quand vous dites “je suis sur un projet SAP”, l’interlocuteur imagine tout de suite un projet complexe. N’est-ce pas là votre principal handicap vis à vis des PME ?
Nous continuons à travailler sur notre image ! La réalité, c’est que nos projets business peuvent être réalisé en 30 jours ! Nos meilleurs portes paroles pour casser cette image, ce sont nos clients.

Quels sont vos principaux partenaires SSII et intégrateurs en France ?
Sous le terme partenaires, nous regroupons les intégrateurs (Accenture, CapGemini, IBM, Atos, CSC, Unilog, Steria…), mais aussi nos distributeurs à valeur ajoutée (Anelia, T Systems, IDS Scheer, ACA…) et les ISV (éditeurs de solutions complémentaires). L’histoire de SAP et de son développement sont étroitement liés à celle de son écosystème.

Quels sont les différentiateurs clefs de l’offre et de la stratégie SAP versus Oracle et autres ERPs ?
1) la plate-forme technologique ouverte, 2) Les capacités d’intégration (processus, données, people), 3) Les déclinaisons sectorielles qui enrichissent le périmètre applicatif et permettent de gérer le coeur de métier de 28 industries. Et bien sûr, la pérennité de l’entreprise et la lisibilité de la stratégie.

Votre avis sur les brevets logiciels ?
Notre industrie repose sur la valorisation de la propriété intellectuelle. Pour SAP, elle permet d’employer 10 000 personnes en Recherche et développement, ce qui en fait un des plus gros employeurs sur le domaine en Europe. Par contre, notre architecture et notre stratégie sont destinées à développer la co-innovation avec nos partenaires.

SAP France, ça représente quoi par rapport à SAP Monde ?
C’est la cinquième filiale créée historiquement. Des résultats 2005 supérieurs à la moyenne du groupe. Un potentiel important notamment sur les PME, le secteur public, la distribution, les services financiers. Nous estimons à environ 8 000 personnes le nombre de personnes de notre écosystème, et le profil SAP est un des plus demandé par les cabinets de recrutement.

Vous recrutez ? Pour quels postes, quels profils ?
Nous recrutons principalement des commerciaux et des consultants. L’essentiel des embauches dans les mois qui viennent va s’effectuer chez nos partenaires. Compte tenu de la demande, la priorité est sur les jeunes diplômés.

Citation... Pascal Rialland

Sur le marché des PME, nous investissons massivement pour construire un réseau de distribution indirect

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Quelle est votre stratégie dans le développement de votre activité commerciale ?
Tout d’abord, sur le marché des PME, nous investissons massivement pour construire un réseau de distribution indirect, avec des partenaires répartis par expertise métier et par géographie. Sur les plus grandes entreprises, nous conservons notre modèle direct, avec des investissements pour poursuivre la montée en compétence de tous les acteurs sur les nouvelles technologies.

SapDB est passé du coté de MySQL, vous continuez à travailler avec communauté du libre et à quel niveau vous investissez vous ?
Nos clients sont de plus en plus nombreux à nous demander de pouvoir s’appuyer sur des infrastructures Open Source. Le fait de travailler avec MySQL et d’autres nous permet également d’apprendre à bien travailler avec ces communautés.

A quand une version Linux de SAP ?
Elle existe depuis longtemps (96 me semble-t-il). Plus de 5000 clients l’utilisent.

Comment êtes vous arrivé à la tête de SAP France ?
On est venu me chercher !

Vous venez des télécoms (SFR) : connaissez-vous bien le monde du logiciel ?
Pas du tout quand je suis arrivé ! Chaque jour un peu plus grâce aux clients et aux partenaires. Mon rôle est de mettre en place les expertises, les processus et les bonnes attitudes pour assurer la croissance de notre business et la satisfaction de nos clients !

SAP : que signifie le sigle ?
Système, Application, Programme (en allemand, je ne m’en rappelle plus). Mais c’est surtout devenu une marque.

SAP mise-t-il sur l’offshore ? Où ?
Nos équipes de développement sont réparties dans le monde entier : Walldorf, Palo Alto, Sofia, Sophia Antipolis, Bengalore, Shangaï, Tel Aviv… Nous sommes une entreprise globale.

Que pensez vous du logiciel en boite et de son avenir ?
Le packaging a surtout pour avantage de réduire les temps de développement. Il n’existera toutefois jamais une boite pour tous.

Pascal Rialland : Merci à tous pour vos questions. SAP se développe, continuez à vous y intéresser !

Propos recueillis par Antoine Crochet-Damais, JDN Solutions

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