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La transformation numérique, les défis et l’importance du Consortium de l’Internet industriel (IIC) et l’Industrie 4.0 en Europe

08/02/17 par Dr. Tanja Rückert 8

Le rôle clé de la transformation numérique et son importance pour les entreprises d’aujourd’hui sont largement débattus dans la presse, sur Twitter et LinkedIn : si ces entreprises veulent survivre et même être à la pointe de cette nouvelle ère numérique, elles doivent en effet réaliser combien la transformation numérique est cruciale. S’agit-il d’un nouvel effet de mode, ou est-ce simplement une expression de plus pour susciter le buzz marketing ?

 

La réponse est non : la transformation numérique est là pour durer et s’est imposée comme facteur stratégique essentiel au succès des entreprises. C’est une thématique qui apparaît, ou qui devrait apparaître, régulièrement à l’ordre du jour des conseils d’administration. Les entreprises, quelle que soit leur taille, se posent les mêmes questions : qu’est-ce que l’Industrie 4.0, l’Internet des Objets et surtout, de quelle manière leurs modèles de gestion vont-ils évoluer ? Le cœur du débat n’est pas la technologie mais plutôt la façon dont la technologie va pouvoir bousculer la situation actuelle et concrétiser l’impossible.

Pour ce faire, les entrepreneurs et les salariés doivent changer leur état d’esprit et envisager d’autres façons de gérer leur entreprise au quotidien. Cette transformation ne sera peut-être pas évidente. En effet, pourquoi vouloir changer ce qui fonctionne déjà parfaitement ? Les nouvelles possibilités offertes par les systèmes autonomes ou l’intelligence artificielle peuvent également être perçues comme une menace plutôt qu’une opportunité. Il peut s’avérer alors difficile d’aborder le sujet ou d’y trouver un quelconque intérêt.

Nous sommes persuadés que le premier pas vers un véritable modèle de gestion numérique est franchi lorsque les entreprises s’intéressent aux nouveaux modèles de facturation et de services, basés sur les modèles de gestion des services à distance, en d’autres termes « la maintenance et les services prévisionnels » des machines et des appareils. C’est sur ce point que les entreprises auront la possibilité de se démarquer de la concurrence et de vendre des produits et services qui remporteront un grand succès. C’est notamment le cas des petites et moyennes entreprises, pour lesquelles le traitement et l’échange des données peut entraîner des frais considérables en l’absence de normes valables pour toutes les entreprises.

Mais soyons clairs : il ne s’agit pas seulement de se mettre d’accord sur un ensemble de normes mais plutôt d’organiser soigneusement et à plusieurs niveaux des normes et protocoles complexes et partiellement concurrentiels. Les entreprises ne peuvent pas se charger seules de cette tâche : des partenariats sont nécessaires. Des normes internationales doivent être mises en place pour que les entreprises soient en mesure d’utiliser leurs modèles de gestion. Ce processus est en cours et doit reposer sur un consensus établi en collaboration avec les comités internationaux sur l’établissement des normes comme la CEI (Commission électrotechnique internationale) ou la fondation OPC.

Aujourd’hui, la majorité des grandes entreprises s’appuient sur les normes en vigueur pour connecter capteurs, machines, biens mobiliers et installations dans un environnement hétérogène. C’est pourquoi il est primordial que les entreprises s’impliquent activement dans diverses organisations de normalisation et de pré-normalisation telles que l’IIC, la plateforme Industrie 4.0, la fondation OPC et le World Wide Web Consortium (W3C).

À titre d’illustration, les normes d’intégration qui touchent toutes les couches de l’Internet industriel sont nécessaires pour intégrer efficacement le matériel, les plateformes et les applications commerciales. Par ailleurs, les différents partenaires dans cet écosystème doivent se mettre d’accord sur certaines normes d’interopérabilité pour permettre l’interaction entre les divers actifs. Il est également primordial de garantir un haut niveau de sécurité et de confiance, crucial pour l’IdO.

La transformation numérique requiert, sans aucun doute, un effort conjoint des entreprises. Une collaboration solide entre les institutions de différents secteurs, au-delà des frontières et entre les entreprises est nécessaire.

À titre d’exemple, la collaboration entre l’Alliance Industrie du Future et la plateforme Industrie 4.0 (une conférence a eu lieu l’année dernière à Paris) a démontré que chacun est responsable de nombreuses activités mais qu’il est nécessaire de continuer à collaborer. En effet, chaque pays a établi des approches et des priorités qui lui sont propres mais qui se complètent. Les deux pays ont pris une part active à cette collaboration, notamment via les centres de compétences, le Labs Network Industrie 4.0 et le Standardization Council 4.0.

La collaboration avec l’Alliance a ouvert de nouvelles opportunités :

  • Des observations supplémentaires sur l’architecture de référence qui, associée à la RAMI 4.0 (Reference Architectural Model Industry 4.0), sert de fondement à une base de données pour les normes du secteur
  • De nouveaux scénarios applicatifs qui complètent les scénarios existants de la plateforme Industrie 4.0
  • La collaboration concrète entre les établissements universitaires de premier plan des deux pays dans le but de créer de nouveaux profils de diplômés dont nous avons un besoin urgent.

L’un des objectifs pour l’Europe consiste à faire entendre sa voix afin d’attirer l’attention sur la mise en place de normes internationales et d’éviter de longues discussions bilatérales. À l’avenir, nous devons réfléchir à des moyens plus efficaces d’organiser la coordination. Ce processus doit être soutenu par le gouvernement et doit être proposé par la France et l’Allemagne au sein de l’Union européenne et de l’Europe. Les autres pays européens, surtout ceux qui possèdent une base industrielle solide doivent également être étroitement impliqués : l’Italie et les Pays-Bas par exemple. Une architecture de références séparée pour chaque pays n’est pas nécessaire en Europe.

Pour terminer, il faut noter que les États-Unis se placent toujours en chef de file de la digitalisation des modèles de gestion sur le marché B2C et offrent un excellent exemple à suivre. Nous ne devons pas hésiter à coopérer avec les États-Unis mais nous devons nous assurer que l’Europe affirme également sa position. Le secteur connaît un développement rapide et la Sillicon Valley ne nous attendra pas.  Nous devons collaborer pour exploiter et étendre les concepts existants tels que la RAMI 4.0 et les différentes facettes du secteur du modèle de référence français du futur, et créer un modèle international avec les États-Unis, le Japon, la Corée, la Chine et d’autres pays.

Dr. Tanja Rückert 
EVP, IoT & Digital Supply Chain

SAP

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