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La Gendarmerie Nationale rapproche SIRH et paie grâce à SAP HANA

20/06/17 par La Rédaction 52

Pour gagner en visibilité sur sa masse salariale, la Gendarmerie Nationale a décidé de reprendre son destin en main sur la production de la paie de ses 120 000 gendarmes d’active ou de réserve. Un système adossé à une gestion des données In-Memory.

 

Mis sur la touche fin 2013, en raison de ses multiples erreurs dans le calcul de la solde des militaires, le système de paie interarmées Louvois vit ses derniers mois, dans l’attente de son successeur. Alors qu’elle devait initialement se rattacher au calculateur de paie des armées, la Gendarmerie Nationale a donc dû imaginer un plan B. « Nous avons décidé d’adosser notre système de paie, que nous développons en interne sur base SAP, à notre SIRH construit avec les solutions du même éditeur », explique Bertrand Vincent, adjoint au DSI, en charge des systèmes RH-Paie, logistiques et financiers, de l’informatique décisionnelle et Big Data au sein de la Gendarmerie Nationale.

 

Avec, au passage, un bond technologique dans la gestion des données et, par voie de conséquence, une modification des métiers au sein de la Gendarmerie. Car, l’arrivée du nouveau calculateur de paie, en cours de développement, sera précédée de la mise en production de SAP HANA, la plate-forme de gestion de données In-Memory du premier éditeur européen. Une technologie que la Gendarmerie a décidé d’adopter, « d’abord parce que certaines fonctions du module de paie le nécessitaient, mais aussi parce que la hausse de performances qu’apporte HANA nous permet de pérenniser notre SIRH », reprend Bertrand Vincent. Cette modernisation va aussi permettre d’offrir plus de libertés aux utilisateurs sur les traitements analytiques qu’ils souhaitent réaliser, au-delà des états prêts à l’emploi auxquels ils ont déjà accès.

 

Fusionner l’ensemble des processus

En amont de son choix d’amener sa plate-forme SIRH sur HANA, la Gendarmerie avait en effet décidé de rénover ses applications analytiques, via la signature fin 2012 d’un accord cadre pour l’acquisition de SAP BO BI 4. « Pour les décideurs, cette première modernisation a permis de concentrer beaucoup de données en un seul tableau de bord », résume Bertrand Vincent. L’arrivée de HANA ouvre aujourd’hui de nouveaux horizons, du fait de sa capacité à manipuler les données transactionnelles en temps réel.

 

« La nouvelle solde, qui doit passer en production au 1er janvier 2019, va nous permettre de maîtriser l’outil en interne mais surtout de fusionner l’ensemble des processus au sein d’un même système, induisant au passage une transformation des métiers RH, résume Bertrand Vincent. Une modification sur les données RH aura un impact immédiat sur la solde. » Là où, aujourd’hui, avec des systèmes SIRH et de paie différents, le précalcul des soldes n’est réalisé qu’une fois par mois, en raison de la lourdeur du procédé. L’effet induit ? Un regroupement de métiers actuellement bien séparés, avec d’un côté les spécialistes des RH et, de l’autre, ceux du calcul des soldes. « Le gestionnaire pourra aussi recevoir des alertes sur des dossiers en erreur, alors qu’aujourd’hui, il doit aller vérifier individuellement les dossiers pour s’assurer que tout est conforme ». Sans oublier le gain de fiabilité sur les données, puisque tous les applicatifs iront piocher dans la même base. Au niveau de la direction de la Gendarmerie, une telle visibilité permet un pilotage plus fin de la masse salariale et une meilleure anticipation de ses évolutions. « C’est fondamental car la direction pourra, par exemple, décider très précisément du nombre d’entrées à l’école de Gendarmerie en fonction de l’évolution réelle de la masse salariale », illustre Bertrand Vincent.

Le projet informatique majeur de la Gendarmerie

Le choix d’une paie SAP prolonge le choix d’une plate-forme SIRH du même éditeur, décision prise en 2008. Au fil du temps, ce sont plus de 20 modules qui ont été mis en service, dont la gestion administrative ou celle des temps. « On s’appuie autant que possible sur le standard. En parallèle, un centre de compétences comptant une vingtaine de personnes a été mis sur pied ; cette structure est chargée du maintien en condition opérationnelle et des évolutions de notre système d’information SAP », détaille Bertrand Vincent.

 

Pour adjoindre une paie à son SIRH existant, la Gendarmerie a constitué, en complément, une équipe projet d’une vingtaine de personnes, accompagnées par SAP. Car, comme l’ont d’ailleurs montré les difficultés de Louvois, la mise au point d’une paie reste un projet complexe nécessitant tant une bonne maîtrise du régime indemnitaire (plus de 250 primes et indemnités différentes à la Gendarmerie) que le développement de nombreuses interfaces avec d’autres systèmes. « C’est le projet informatique majeur de la Gendarmerie actuellement ; il est suivi de près par notre direction », dit Bertrand Vincent. Un projet d’autant plus essentiel que la solution doit venir supplanter des systèmes en fin de vie. Tant pour la solde des gendarmes d’active, produite par une application développée en Cobol et gérée par l’informatique des armées, que pour celle des gendarmes de réserve, calculée via un développement spécifique sous Access.

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