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Comprendre le Design Thinking et le Prototypage Rapide

28/11/17 par La Rédaction 84

La transformation numérique doit donner naissance à de nouveaux produits et services. Des innovations pour lesquelles le design est un facteur clef de succès. Pour guider les entreprises sur ces chemins qu’elles connaissent mal, SAP propose une méthode qu’il forge en interne depuis 2004. 

 

Mener à bien sa transformation digitale est aussi affaire… de design. Car, pour inventer les produits et services de demain, ceux qui permettront par exemple aux entreprises de se projeter dans l’industrie 4.0, où les données issues des produits connectés seront exploitées directement par l’entreprise jusque que sur ses chaînes de production, inutile d’espérer repartir des vieilles méthodes.

Pour ces phases de conception, SAP prône une méthode appelée Design Thinking. Une histoire qui a démarré dès 2004 avec un article de Business Week, intitulé ‘The Power of Design’. « Cet article a tant enthousiasmé notre co-fondateur Hasso Plattner, qu’il a donné 35 millions de dollars à différentes universités pour affiner la méthodologie. Depuis, du fait de la conviction qu’avait notre dirigeant des bénéfices d’une pareille approche tant pour SAP que pour l’industrie en général, le Design Thinking est devenu une composante clef de notre culture », détaille Sam Yen, le Chief Design Officer du premier éditeur européen.

Innovation = créativité x capacité d’exécution

De facto, des éléments factuels montrent que les organisations qui placent le design au cœur de leurs processus de conception sont plus performantes que les autres. Le Design Management Institute a ainsi créé un indice boursier des grandes sociétés les plus avancées en la matière, le D Index dont SAP fait désormais partie. Et celui-ci offre, entre 2003 et 2013, une progression 2,3 fois meilleure que celle du S&P 500, l’indice de référence aux Etats-Unis, basé sur 500 grandes sociétés cotées.

Pour Sam Yen, la transformation digitale impose aujourd’hui à toutes les entreprises de s’intéresser au sujet du design. Tout simplement parce que les organisations savent qu’elles doivent désormais accélérer le rythme de leur innovation. « Or, la meilleure définition de l’innovation que j’ai pu trouver en fait le produit de la créativité et de la capacité d’exécution, explique le responsable du design chez SAP. Ce qui signifie qu’il faut amener la créativité à l’échelle de l’entreprise. Et c’est précisément la vocation du Design Thinking. »

Résoudre un problème ? Non, poser un problème

Pour cet expert, qui enseigne la méthodologie à l’université de Stanford, la démarche ne consiste pas à tenter d’emblée de résoudre des problèmes, mais plutôt, dans un premier temps, à trouver les problèmes qu’il est important de solutionner. « Or, dans la plupart des organisations, toutes très tournées vers l’excellence de l’exécution, on a tendance à passer directement à l’étape de recherche de solutions. Sans prendre le temps de faire un pas de côté », remarque Sam Yen. Et de rappeler cette citation du philosophe Arthur Schopenhauer : « les personnes talentueuses atteignent des cibles inaccessibles pour d’autres, les génies atteignent des cibles que les autres n’ont même pas pu voir ».

Pour visualiser ces cibles, SAP accompagne ses clients dans toutes les étapes du Design Thinking. Un processus qui démarre entre les murs de l’entreprise, afin de découvrir l’environnement de départ, les problèmes qui se posent au quotidien et le mode de fonctionnement des utilisateurs. Puis vient l’étape de travail collaboratif, entre les équipes de SAP et celles de l’entreprise, au sein des LeonardoCenters, ces centres d’innovation que l’éditeur allemand est en train d’implanter partout dans le monde (celui de Paris a été inauguré en juin dernier) : discussions sur les constats, brainstorming sur les problèmes à résoudre, identification des utilisateurs puis premières itérations sur une solution. « L’ensemble doit rester très rapide, plaide le Chief Design Officer. Une journée suffit pour l’atelier d’exploration sur le terrain. Compter deux semaines pour le prototypage rapide d’une solution.»

Build industrialise le prototypage

Une démarche d’autant plus véloce que SAP a outillé la phase de prototypage, avec une solution appelée Build, qui fait partie du portefeuille d’innovations SAP Leonardo. Build regroupe un ensemble d’outils permettant de bâtir un prototype virtuel, de le partager avec de potentiels utilisateurs et de récupérer leurs avis afin de lancer une nouvelle itération du projet. « On peut partir de schémas dessinés sur papier pour créer un premier prototype, en leur ajoutant une logique de navigation », détaille Ben Ceaser, le chef de produit Build chez SAP.

Ce prototype dit basse fidélité peut ensuite être partagé avec des utilisateurs potentiels, afin de récupérer leurs remarques, mais aussi leur expérience de navigation, automatiquement enregistrée par la solution. Des éléments qui serviront à enclencher la seconde itération. Et ainsi de suite. Si Build permet de se passer totalement des développeurs durant la phase de prototypage, il génère en tâche de fond un code source que ces derniers pourront récupérer pour, par exemple, connecter l’application à de vrais capteurs IoT. De quoi accélérer le cycle de passage en production. Preuve que le Design Thinking façon SAP n’est pas déconnecté des réalités opérationnelles.

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