Blockchain : La Cendrillon de la transformation numérique devient la princesse

La technologie de la blockchain n’est pas toujours bien comprise, mais sa mise en œuvre dans le cadre de la transformation numérique pourrait grandement bénéficier aux professionnels, entreprises et organisations.

Parmi les technologies et processus les plus étroitement liés à la révolution et à la transformation numériques, la blockchain est la plus méconnue mais aussi celle qui est la plus à même de sécuriser les données et transactions les plus sensibles.

La blockchain associe l’ouverture d’Internet à la sécurité de la cryptographie pour donner aux consommateurs et aux entreprises un moyen plus rapide de vérifier les informations clés et d’instaurer un climat de confiance, sans l’intervention d’un tiers de confiance ou d’un intermédiaire.

À l’origine, il y a plus de dix ans, cette technologie a été développée comme fondement technique du bitcoin, la cryptomonnaie avec laquelle on la confond parfois. Comme le président de SAP Industries, Pat Bakey, l’a fait remarquer l’année dernière dans un blog post, « à cause des premières histoires d’épouvante sur le bitcoin, la plus célèbre des monnaies numériques utilisant la blockchain s’est retrouvée dans la catégorie des outils douteux du Web, faisant fuir presque tous les utilisateurs ».

Définition de la blockchain

La blockchain n’est rien d’autre qu’un moyen ouvert et sécurisé d’enregistrer des transactions, comme un registre classique. Grâce à la confiance qu’elles inspirent, les blockchains offrent un moyen simple et dématérialisé d’établir et de surveiller la propriété de l’argent, des informations et des objets par les personnes, les entreprises et autres organisations.

« La blockchain est un registre numérique des transactions économiques, incorruptible pouvant être programmé pour enregistrer des transactions financières bien sûr, mais aussi pratiquement tout ce qui a de la valeur », comme l’ont écrit Don et Alex Tapscott dans leur livre, « Blockchain Revolution » .

Les blockchains sont conçues pour résister aux modifications. Les données sont stockées dans une blockchain sous forme de base de données partagée et continuellement rapprochée, hébergée sur des millions d’ordinateurs du monde entier, afin d’éviter d’en avoir une version unique dans un emplacement unique.

De plus, tous les blocs de données d’une blockchain sont liés entre eux et sécurisés dans une séquence par cryptographie. Ainsi, il est quasiment impossible d’ajouter, de supprimer ou de modifier des données sans alerter les autres blocs de la chaîne.

Aujourd’hui, la plupart des transactions ordinaires sont contrôlées par une autorité centrale, une administration ou une chambre de compensation des cartes de crédit. Les applications de la blockchain remplacent ces systèmes centralisés par d’autres décentralisés, où la vérification est soumise à l’accord de plusieurs utilisateurs.

Avantages clés

Avec de telles fonctionnalités, les blockchains promettent à leurs utilisateurs un certain nombre d’avantages clés.

Tout d’abord, elles pourraient considérablement accélérer et simplifier un vaste éventail de transactions pour les particuliers comme les entreprises. En particulier, elles facilitent énormément l’identification de la propriété, le contrôle de l’authenticité et le rapprochement des processus.

Ainsi, par exemple, les contrats intelligents reposant sur la blockchain – des scripts modulaires et reproductibles qui étendent l’utilité d’une blockchain, de la simple tenue d’un registre des transactions financières à la mise en œuvre automatique des clauses des accords multipartites – pourraient aider à rationaliser les achats et les chaînes logistiques.

Ensuite, la mise en œuvre de blockchains permettrait la désintermédiation d’un grand nombre d’entités qui fournissent actuellement des services de vérification et instaurent un climat de confiance, notamment les banques, les chambres de compensation, les trusts et les chaînes logistiques.

Dans un récent article, Deloitte Consulting faisait remarquer que : « C’est précisément sa capacité à remplacer les intermédiaires qui fait tout l’intérêt de la blockchain. Les frais généraux sont réduits puisque les parties n’ont besoin de personne d’autre pour réaliser leurs transactions. De plus, l’authenticité étant garantie au-delà des frontières institutionnelles, les parties pourront sans doute réfléchir autrement à l’authenticité des enregistrements, des contenus et des transactions. »

Enfin, cette technologie pourrait accélérer le processus de numérisation en facilitant l’étiquetage et le suivi des biens physiques au moyen d’une identité numérique hautement sécurisée. Par exemple, la société londonienne Everledger a placé plus de 1,6 million de diamants sur une blockchain, et y a enregistré les caractéristiques de chaque pierre – couleur, carat, numéro de certificat – en vue de lutter contre la fraude et la vente des « diamants de la guerre ».

La Cendrillon du numérique se défait de ses haillons

Pour comprendre les défis et les possibilités liés à l’innovation de la transformation numérique, il faut comprendre ce que la blockchain peut vous apporter.

Les données sont au cœur de cette transformation ; elles constituent véritablement le nouveau moteur de l’entreprise Pour survivre, voire prospérer dans ce nouvel environnement ultra-compétitif, les entreprises collectent et conservent du Big Data à l’aide de capteurs et d’autres outils d’IoT, traitent ces données au moyen du Machine Learning et d’outils d’analyse pour en dégager des schémas et de la visibilité, puis sécurisent et rationalisent leurs opérations grâce aux blockchains.

Jusqu’à présent, la blockchain était la « Cendrillon » de la transformation numérique, mais la situation est en train de changer. La sensibilisation aux fonctionnalités de la blockchain s’intensifie tandis que les investissements dans les start-ups de blockchain augmentent rapidement.

La blockchain n’est peut-être pas encore une vedette des technologies et elle n’est pas encore reconnue par tous les dirigeants d’entreprise et les utilisateurs de l’intelligence artificielle, du Machine Learning ou du Big Data, mais elle s’inscrit tout de même dans la mise en œuvre de grandes initiatives telles que et prend de plus en plus d’essor.

Comme les autres technologies qui participent à la transformation numérique, la blockchain doit encore franchir un certain nombre d’obstacles. Citons le traitement des transactions basées sur la blockchain qui est actuellement plutôt lent, par rapport à celui des transactions effectuées aux guichets automatiques par exemple, ou les questions relatives à la sécurité de la cryptologie sous-jacente à cette technologie.

Comme l’a fait remarquer Goldman Sachs dans une infographie animée, « la blockchain est protégée par cryptographie professionnelle, mais aucune technologie n’est sûre à 100 %. Et si d’importantes sommes d’argent sont en jeu, les pirates seront à l’affût. Les préoccupations relatives à la sécurité pourraient donc aussi ralentir l’adoption de la blockchain ».

Néanmoins, la plupart des analystes et technologistes pensent que des solutions seront proposées et que la blockchain (ou les technologies de type blockchain) finiront par convaincre le plus grand nombre et qu’elle contribuera à transformer l’entreprise et toutes les activités pour lesquelles la confiance est un facteur essentiel.

« La blockchain pourrait révolutionner la collaboration entre les entreprises, les gouvernements, les organisations et les personnes, prédit Goldman Sachs. Elle fournit un moyen simple et sécurisé d’établir un climat de confiance pour presque n’importe quel type de transaction, et simplifie ainsi le mouvement de l’argent, des produits ou des informations sensibles à travers le monde. »

Et la banque d’investissement de Wall Street de conclure : « C’est une transformation déjà en cours. Et les organisations – qu’il s’agisse de celles qui en bénéficieront comme des intermédiaires qui risquent de se voir écartés – devront se préparer à ce qu’elle évolue. »

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