SAP Build ou comment concevoir un prototype applicatif sans coder

Leonardo offre dans son portefeuille d’innovations SAP Build, qui permet d’accompagner les clients dans chacune des étapes menant à la conception d’un prototype : sans code, en impliquant les futurs utilisateurs de la solution et en s’appuyant sur la méthodologie Design Thinking.

Réaliser un prototype, sans avoir à coder ? C’est à ce pari que s’est attaqué SAP avec la création de Build. « SAP Build regroupe divers outils dans le cloud qui aident les clients à s’inscrire dans un processus de design thinking, explique Thomas Dubreuil, product manager chez SAP France. Nous pensons que c’est la meilleure méthode pour innover, en particulier dans des domaines comme l’IoT. » Restait à modéliser, dans un outil, le Design Thinking, une méthode qui va de la découverte d’un problème au déploiement d’une solution, en passant par son design et son prototypage.

C’est à cette chaîne complète que s’attaque SAP Build, en permettant de bâtir un prototype virtuel d’application, de le partager avec de potentiels utilisateurs et de récupérer leurs avis afin de lancer une nouvelle itération du prototype. « Avec Build, on s’intéresse à la partie applicative d’un prototype. Dans l’outil, on va designer l’interface utilisateur, la logique applicative et concevoir le modèle de données », résume Thomas Dubreuil. De façon amusante, le cycle de Build peut démarrer par un simple schéma dessiné sur un coin de nappe en papier. Une fois cette base de départ scannée ou prise en photo, on y ajoute des points d’interaction afin de commencer à créer la logique applicative. « On appelle cela le prototype basse fidélité », dit le product manager de SAP France. L’étape suivante consiste à passer à la ‘haute-fidélité’, autrement dit à un prototype plus abouti, en prenant en compte les remarques des utilisateurs clés. « On va alors placer des contrôles dans des pages et les relier au modèle de données sous-jacent. Le but ici est de s’approcher le plus possible de l’application finale HTML5», relève Thomas Dubreuil.

Impliquer les utilisateurs dès le prototype

Notons que ce processus suit les différentes étapes d’un atelier de travail sur l’innovation, comme ceux qui sont organisés au sein du Leonardo Center, le centre d’innovation que SAP a ouvert, il y a un an maintenant, dans son siège parisien et autour de son portefeuille de solutions innovantes. La réalisation du prototype basse fidélité demande un effort limité à l’essentiel, puisqu’il suffit de récupérer les croquis sortis de la première séance de travail. « Quelques heures d’atelier suffisent, assure Thomas Dubreuil. Et nul besoin d’informaticiens ou de développeurs ». Le passage au prototype haute-fidélité n’en nécessite d’ailleurs pas davantage, le travail nécessaire pour aboutir à une application proche du rendu final étant facilité par la galerie d’exemples réutilisables proposée par l’outil.

Les foncions collaboratives de SAP Build répondent à une autre contrainte des ateliers d’innovation : l’implication des utilisateurs. « Réunir les personnes concernées s’avère en pratique très complexe, note Thomas Dubreuil. L’outil permet d’impliquer un maximum de personnes au-delà de la seule équipe mobilisée sur le prototype. » L’outil va consolider les commentaires des utilisateurs sur les différents écrans proposés, recueillir leur sentiment par rapport à l’application, mais aussi analyser les clics des utilisateurs dans les pages. Une bonne façon de mettre en évidence les erreurs de conception dans l’interface utilisateurs.

Un code source produit automatiquement

Si SAP Build permet de se passer des développeurs durant le prototypage, il ne les oublie pas pour autant. En tâche de fond, l’outil, intégré à la SAP Cloud Platform, génère un code source que les développeurs pourront récupérer pour, par exemple, connecter l’application à de vrais capteurs. De quoi accélérer le passage en production. « Nous avons concentré nos efforts ces derniers mois sur la qualité du code généré de manière à permettre un gain de temps considérable pour les développeurs » ajoute Thomas Dubreuil. Sur l’ensemble de la chaîne prise en charge par Build, SAP estime que l’outil est à même de générer des gains de productivité de 30 à 50 %. « Sans même parler du bénéfice en termes d’engagement des utilisateurs, ajoute Thomas Dubreuil. Le fait de donner leur avis en amont rend les utilisateurs plus enclins à utiliser ensuite l’application en augmentant l’adoption. »

Aujourd’hui en version 1.4 (la version 1.0 étant sortie en septembre 2016), Build a déjà connu un certain nombre d’évolutions, poussées par les attentes de ses premiers utilisateurs sur la disponibilité de davantage de contrôles ou sur l’enrichissement des modèles de données. La solution a déjà été employée par des sociétés comme Cafés Richard, Faurecia ou Vinci Energies. Build est distribué sous un modèle freemium. L’accès à l’outil est gratuit dans la limite de 5 projets et une utilisation non productive.