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La supply chain se numérise pour répondre aux évolutions de la demande

Pour répondre à une demande client en pleine évolution, les industriels doivent repenser leur chaîne d’approvisionnement. Meïssa Tall, associé chez Deloitte Consulting, revient sur les tendances qui transforment la supply chain en 2018 et sur les opportunités offertes par les technologies numériques face à ces enjeux.

Tout s’accélère. Aujourd’hui nous vivons dans un monde où un client peut prendre un produit en photo depuis son smartphone, puis demander à l’assistant embarqué dans son terminal : « je veux cet objet ». La manière de servir le client est en train d’évoluer vers quelque chose de totalement différent, avec de nouveaux modèles économiques à la clef. Ainsi, dans l’industrie automobile, ce qui intéresse le client n’est plus l’achat d’un véhicule mais l’accès à des services de mobilité. Le client dessine lui-même son parcours, le “customer journey”. La supply chain doit s’organiser pour répondre à ce nouveau paradigme. Elle doit placer le client au centre et pouvoir fonctionner en continu. Pour cela, elle doit devenir multidirectionnelle, omnicanal et collaborative.

L’étude MHI-Deloitte, un observatoire prospectif des tendances de la supply chain au niveau mondial, vise précisément à prendre la température de ces évolutions auprès des professionnels de la chaîne d’approvisionnement. Il s’agit d’identifier les tendances marquantes pour leur métier, leurs préoccupations et leurs axes d’investissements.

La supply chain digitale se concrétise

En 2018, l’étude, reconduite pour la cinquième année consécutive, a fait émerger une question majeure, sur laquelle 70% des décideurs du domaine se focalisent : comment capitaliser sur les technologies digitales pour mettre en œuvre la supply chain 4.0 ? Pour cela, les industriels disposent d’une palette de technologies assez large : Cloud, IoT (Internet of Things), Big Data, analyse prédictive, Blockchain, Intelligence Artificielle, robotisation ou encore fabrication additive, plus connue sous le terme d’impression 3D.

Le premier enseignement de l’édition 2018 est que la “NextGen Supply Chain” arrive à grands pas : nous avons observé des investissements massifs sur ces différents domaines. 47% des entreprises interrogées prévoient d’investir un million de dollars ou plus dans leur supply chain au cours des deux ans qui viennent.

Les préoccupations autour de la chaîne d’approvisionnement ne changent pas : il s’agit toujours de gagner en efficacité et en flexibilité, de renforcer la qualité et la traçabilité, d’intégrer la supply chain avec les autres processus de l’entreprise. Pour 73% des responsables interrogés, les challenges les plus importants portent sur l’accélération de la demande et les attentes croissantes des clients en matière de services.

Ce qui change, c’est la façon dont les technologies précitées permettent d’adresser ces enjeux : anticipation des demandes, entrepôts connectés pour réduire au maximum le risque de rupture de stocks… Il s’agit d’utiliser l’IoT, le Big Data pour augmenter la fiabilité des prévisions, pour gérer l’immédiateté de plus en plus présente, pour apporter de la visibilité aux clients.

Automatiser et prédire pour gagner en réactivité

Parmi les technologies étudiées, certaines, comme le Cloud, sont matures, d’autres, comme l’impression 3D, beaucoup moins. Toutes n’ont pas non plus le même impact sur la supply chain. L’automatisation et l’analyse prédictive font partie de celles qui nourrissent le plus la transformation à l’heure actuelle : un élément clef pour la supply chain réside en effet dans la capacité à prévoir l’avenir, qu’il s’agisse de la demande ou des risques fournisseurs. 53 % des répondants ont commencé à automatiser leurs processus, tandis que 62% placent l’analyse prédictive en tête des technologies de rupture.

L’Intelligence Artificielle permet d’affiner encore les prévisions, avec un degré de précision allant jusqu’à la référence produit. Dans des secteurs comme l’industrie automobile ou la pharmacie, où les entreprises peuvent avoir plusieurs centaines de milliers de références au catalogue, cela représente un pas de géant.

Des métiers qui se transforment

Deux autres tendances accompagnent ce changement majeur : la première concerne la gestion des talents. On ne demande plus aux opérateurs dans les entrepôts de savoir conduire des chariots, mais de piloter des drones ou des robots. On attend d’un responsable des stocks qu’il utilise le Big Data pour mieux piloter les flux de marchandises. Et pour améliorer le support aux clients, il faut savoir paramétrer des chatbots. Les métiers sont en train de changer.

Nous avons par exemple accompagné un client sur la gestion prévisionnelle de ses stocks. Auparavant, celle-ci était réalisée sur Excel, et les clients étaient livrés à J+1 ou J+2. Avec la révolution numérique en cours, l’entreprise s’est retrouvée face à des pure players qui utilisaient le Big Data pour gérer leurs stocks et pouvaient proposer une livraison dans l’heure. Pour rester dans la course, l’entreprise s’est dotée d’outils de simulation pour prédire la demande en temps réel.

La confiance au cœur de l’écosystème

L’autre tendance associée à cette mutation des métiers est l’attention croissante accordée aux enjeux de confiance et de sécurité. Dans une supply chain hyper connectée et mondialisée, les entreprises doivent garantir transparence et traçabilité pour répondre aux attentes de leurs clients. Elles doivent aussi se protéger contre les risques afférents à cette numérisation à grande échelle. La Blockchain intéresse fortement les acteurs de l’industrie pour ces raisons. Elle permet d’apporter une valeur fondée sur la donnée au client final. 42% des acteurs interrogés dans l’étude estiment d’ailleurs que cette technologie va bouleverser leur industrie.

SAP est un acteur central dans la transformation de la supply chain, à double titre : d’une part, il dispose d’une suite logicielle qui supporte toute la chaîne ; d’autre part, ses acquisitions récentes sont en phase avec les tendances technologiques observées dans l’étude. Pour les entreprises désireuses de transformer leur supply chain, disposer des briques logicielles capables de dialoguer avec les écosystèmes innovants est une nécessité. Or SAP a la capacité de fournir au client une plateforme ouverte sur l’innovation, qu’il s’agisse de bâtir un Proof of Concept ou d’industrialiser des technologies comme l’IoT ou la Blockchain.