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C’est la plateforme qui transforme la donnée brute en information

Mi-novembre 2018, le cabinet d’études IDC a consacré un événement aux problématiques majeures rencontrées par les DSI. A cette occasion, Olivier Demeusy est intervenu pour parler de la place de la donnée dans les organisations, et pour expliquer la nécessité d’une plateforme d’intégration des données afin de favoriser l’innovation.

Pourquoi la donnée est-elle au cœur de toute réflexion sur la transformation digitale ?

Olivier Demeusy : Le monde va de plus en plus vite. Nous sommes tous connectés, entourés d’objets de plus en plus intelligents, qui produisent, transportent et consomment des données. Les objets connectés, les réseaux sociaux, l’open data font exploser le nombre de sources de données. Dans le même temps, la demande d’information explose elle aussi. Les entreprises ont besoin de temps réel et de prédictif pour prendre des décisions, d’analyse de sentiment pour connaître la manière dont leurs clients les perçoivent… Cette évolution est en train de transformer nos processus, nos façons de travailler et de vivre.

Dans une enquête IDC, la gestion de la donnée et sa monétisation, citées par 61% de répondants, sont en tête des priorités pour les DSI. D’après vous, qu’est-ce qui fait la valeur de la donnée ? Cette valeur est-elle figée une fois pour toute ou évolue-t-elle dans le temps ?

O.D. : A partir du moment où la donnée est prise en compte dans les processus, elle devient un bien de consommation : elle a donc de la valeur. Cette valeur peut être d’ordre commercial, quand l’entreprise envisage de vendre ses données. Dans les faits, le principal critère qui détermine cette valeur, c’est l’usage.

L’usage peut varier dans le temps, modifiant la valeur de la donnée. Une donnée est dite « chaude » tant qu’elle est utilisée fréquemment, puis elle devient tiède et enfin froide. Ces aspects sont déterminants pour savoir où stocker les données : sur notre plateforme, les données chaudes sont typiquement stockées dans une base en mémoire comme SAP HANA, très performante afin de faciliter l’accès à ces informations. Les données tièdes seront plutôt stockées dans une base en colonnes comme SAP IQ, capable d’accueillir de gros volumes. A titre d’exemple, la plus grosse base SAP IQ actuellement recensée chez un client avoisine les 26 Pétaoctets. D’autres systèmes conviendront mieux à des usages transactionnels ou mobiles.

Quels sont les enjeux associés à la gestion de ces données, et que peut-on attendre d’une plateforme digitale en la matière ?

O.D. : A l’instar d’un bien de consommation, une donnée a un cycle de vie. Elle est créée, utilisée, souvent à plusieurs reprises, puis elle finit généralement archivée plutôt que détruite. Une plateforme digitale doit savoir gérer ce cycle de vie.

Par ailleurs, la donnée en elle-même est une matière brute : pour lui donner du sens, il faut la transformer, l’améliorer, lui donner du sens, la raffiner. On obtient ainsi une information. Entre la donnée et l’information, il y a la plateforme. C’est cette dernière qui gère les accès aux données, les raffine et les transfère, si nécessaire, d’un lieu de stockage à un autre.

Point important, une même donnée peut avoir plusieurs interprétations selon le contexte où elle est utilisée. Il est donc souhaitable de limiter les mouvements de données : il ne s’agit plus d’avoir une seule version de la vérité, mais une seule source, dans laquelle tous les métiers peuvent puiser.

De quelle(s) façon(s) SAP peut-il aider les DSI à adresser le double enjeu évoqué par IDC : innover, tout en modernisant l’existant ?

O.D. : Les entreprises ont besoin d’innover pour rester compétitives, mais elles doivent en parallèle faire évoluer leurs systèmes existants, sur lesquels reposent leurs activités. SAP les aide à répondre à cette double problématique : nous modernisons les logiciels dédiés au cœur de métier et nous mettons à disposition une plateforme permettant d’intégrer les technologies récentes.

Comme cette plateforme est issue de nos propres développements, elle s’intègre automatiquement avec nos applications métiers et notre ERP. Elle est disponible dans le Cloud, en mode hybride et on-premise. La plateforme permet aussi de se connecter à n’importe quelle source existante et de raffiner les données, quelle que soit leur provenance. Les données vont transiter par la plateforme pour être utilisées dans les applications, que celles-ci soient fournies par SAP ou développées par des partenaires.

L’entreprise intelligente bénéficie de cette ouverture et de la flexibilité associée : elle peut s’appuyer sur la plateforme pour créer des applications innovantes et les intégrer avec son existant.

En parallèle, SAP intègre également des fonctionnalités innovantes dans ses solutions métiers : chatbots dans l’ERP, reconnaissance d’écriture manuscrite pour la gestion des notes de frais…

Toujours selon IDC, seules 15% des entreprises ont aujourd’hui réellement mis en place une plateforme totalement intégrée pour supporter les innovations digitales. Quels bénéfices à utiliser une plate-forme intégrée pour l’innovation ?

O.D. : Je ne suis pas surpris par ce chiffre de 15%. Longtemps, l’innovation a été perçue comme quelque chose de secondaire. Alors qu’en réalité, innover est crucial.

Par ailleurs, la notion de plateforme d’intégration a évolué dans le temps. Il y a quelques années, quand on parlait d’intégration, il s’agissait de regrouper toutes les données au même endroit, dans un datawarehouse ou des datamarts. La notion de plateforme était plutôt axée sur des métiers ou des usages spécifiques, comme la Business Intelligence (BI).

Assez vite, les entreprises ont constaté que ces approches généraient des coûts importants en termes de logiciels et d’infrastructure. Elles ont découvert qu’il était préférable de stocker les données brutes. Les infrastructures de traitement des données étaient cependant encore assez morcelées.

Maintenant, nous recommandons de laisser les données là où elles sont. L’intégration s’effectue à travers une plateforme d’orchestration et de collaboration. Ainsi, les différents métiers accèdent tous de la même façon aux données, d’une manière cohérente, contrôlée et gouvernée.

Cette plateforme de données intégrée est nécessaire dès lors qu’on souhaite innover. En effet, sa mise en œuvre simplifie considérablement la partie technique des projets : on laisse les données là où elles sont, pas besoin de les déplacer et de les transformer ailleurs. Les équipes peuvent ainsi se concentrer sur les cas d’usages. Les projets innovants sont accélérés, et l’entreprise gagne en flexibilité pour la gestion de l’existant.