L’usine agile : une aubaine pour l’humain augmenté

Fruit d’un partenariat étroit avec SAP, SEW-USOCOME a conçu son Usine du Futur à Brumath. Retour d’expérience avec Olivier Anacker, responsable consulting clients, et Marc Leppert, directeur commercial.

Fort d’un réseau de 15 usines de fabrication et 77 Drive Technology Center (centres de montage et de services) dans 51 pays, le groupe SEW-Eurodrive compte près de 17 000 collaborateurs dont 550 dédiés à la recherche et au développement. Ce spécialiste des solutions d’entraînement et d’automatisme a généré plus de 2,8 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2017. La filiale française SEW-USOCOME emploie 2200 personnes réparties sur trois usines (Brumath, Haguenau et Forbach) et cinq Drive Technology Center.

SAP EWM : pièce maitresse de la cohésion globale

« Nous bénéficions d’un partenariat fort avec SAP depuis les années 80, dont nous avons adopté tous les modules : ERP, RH, SCM, gestion de la logistique… » annonce Olivier Anacker, responsable consulting clients chez SEW-USOCOME. « En 2012, le Groupe a décidé de bâtir une Usine du Futur à Brumath. Ce qui nous a amenés à adopter la solution SAP EWM (Extended Warehouse Management). »

Cette suite logicielle intègre la chaîne logistique aux processus d’entrepôt et de distribution pour un pilotage global grâce à une visibilité accrue : optimisation des stocks, assemblage à la commande, pilotage des flux physiques, opérations de distribution, traitement multicanal… en temps réel.

« La direction commerciale assure la vente de produits dans l’Hexagone, depuis un simple moto-réducteur jusqu’à une solution logistique complète intégrant magasins automatisés et chariots autoguidés (AGV pour Automatic Guided Vehicle), » ajoute Marc Leppert, directeur commercial chez SEW-USOCOME.

Objectif : l’usine agile

Pour mettre en œuvre cette usine logistique agile, labellisée Vitrine de l’Industrie du Futur par l’Alliance du même nom, les solutions SAP ont joué un rôle majeur, comme le rapporte Olivier Anacker : « le progiciel de gestion de la logistique SAP assure la connexion entre les usines et avec les chaînes de montage. En effet, les pièces provenant de différentes usines sont livrées à Brumath pour être envoyées sous forme de produits assemblés chez le client, ou dans une autre entité de SEW pour intégration. » Les usines-mères amènent les composants à Brumath, qui doit réaliser l’assemblage « à la demande » des moteurs et moto-réducteurs via une gestion optimisée des stocks de composants et intermédiaires, et via le pilotage des flux vers les différents îlots de fabrication.

« Aujourd’hui les délais sont de plus en plus courts, » précise Marc Leppert. « Le défi à relever consiste à réaliser tout cela en quelques jours, malgré les millions de combinaisons possibles avec nos composants. »

A Brumath, l’usine a été structurée pour offrir une ligne de montage modulaire et flexible. « Deux travées ont été conçues sans poteau afin que toutes les zones soient adressables par des AGV, » explique Olivier Anacker. « Ainsi, pour faire évoluer une chaîne de fabrication, il suffit de modifier les routes et les destinations de parcours par de simples paramètres. Si nous avons besoin d’augmenter la production par exemple, il est possible de concevoir une deuxième chaîne de montage qui profite de la même gestion de flotte des AGV. En outre, l’alimentation en énergie sans contact des AGV apporte encore plus d’agilité. Puisqu’il n’est plus besoin de recharger, les équipements sont disponibles en 24×7. Et SAP joue le chef d’orchestre de tous ces flux d’informations corrélées en temps réel. »

De nouveaux rôles pour l’humain

Parallèlement au déploiement des solutions SAP favorisant la connexion et l’automatisation des processus, un accompagnement humain reste indispensable à la réussite de ce type de projet. « Tout d’abord, il est primordial d’accompagner le changement au plus près de toute la chaîne d’approvisionnement. Par exemple, le style de management doit être totalement repensé, » conseille le responsable consulting clients. « Toute l’usine doit être connectée humainement. En effet, que se passe-t-il en cas d’erreur de planification, alors que la chaîne logistique a été totalement intégrée au planning stratégique, tout comme les achats dans le cadre d’une chaîne d’approvisionnement globale ? »

Fonctionnant traditionnellement en silos, les usines rencontrent généralement des problèmes de partage et d’accès aux données, que les solutions SAP permettent de décloisonner en connectant les objets, les processus et les personnes. L’entreprise dispose alors d’une vision globale reposant sur une collaboration intelligente. La transformation s’accompagne d’une forte automatisation de certaines tâches. « Effectivement, certaines personnes en charge des transferts sont remplacées par des AGV, » concède Oliver Anacker. « C’est pourquoi nous les avons formées à des tâches de montage à plus forte valeur ajoutée. Ce qui a d’ailleurs entraîné une féminisation sur ce type de tâches. »

L’organisation gagne également en polyvalence, grâce -par exemple- à la documentation qui s’affiche automatiquement sur le poste de travail de l’opérateur (monteurs, préparateurs, etc.). Ce qui favorise l’implication des employés.

L’approche commerciale doit aussi évoluer

« L’approche de nos vendeurs de composants a fortement évolué, grâce à la connaissance de nos clients et des usages et attentes de leurs clients finaux, » confirme Marc Leppert. « Il nous faut donc accompagner nos commerciaux pour leur apprendre à évoluer, pour passer à des discussions directes avec les responsables de la supply-chain chez les clients. Une évolution qui passe par une indispensable formation afin qu’ils focalisent davantage leur discours sur les usages (TCO, ROI, gains en productivité, etc.) plutôt que sur les technologies. D’ailleurs, les visites de clients dans l’usine sont une excellente vitrine de notre savoir-faire, sans avoir forcément à parler de technologies. »

La numérisation et l’automatisation assurées par les solutions SAP permettent de décharger les 20 assistantes commerciales des tâches répétitives (saisie des commandes, etc.). Elles peuvent alors consacrer leur temps à des tâches à plus forte valeur ajoutée, comme les conseils sur la configuration des machines, après avoir suivi les formations adéquates.

Cette évolution vers l’Industrie du futur SEW-USOCOME à Brumath illustre combien l’automatisation favorise aussi l’émergence de “l’humain augmenté”, contribuant à une meilleure implication des employés, délestés des tâches répétitives.