photo de l'industrie automobile

Pourquoi les industriels vont-ils tous devenir des acteurs du logiciel et de la donnée

Philippe Geoffroy, Directeur Industrie 4.0 chez SAP, a participé à l’émission Mobility TV d’Auto K7, consacrée au modèle Tesla. Il explique en quoi l’adoption de celui-ci représente un changement de paradigme pour les industriels, qui passent d’une vision centrée sur le produit à un modèle hybride, intégrant la vente de services basés sur la donnée.

Tesla, le fabricant de véhicules électriques autonomes créé par Elon Musk, fait rêver les industriels comme les jeunes diplômés. Dans le cadre de son émission Mobility TV, la webradio Auto K7 s’est penchée sur les spécificités de son modèle économique, qui illustre la révolution numérique en cours dans le monde industriel.

Aux côtés de Michaël Valentin, auteur du livre « Le modèle Tesla » (paru chez Dunod), d’Erwan Coatanéa, PDG de la PMI Sodistra, et de Guillaume Crunelle, associé chez Deloitte, Philippe Geoffroy a échangé sur la transposition du modèle Tesla aux PMI et grands groupes industriels français, et sur ses implications pour les entreprises.

Dans ce débat, animé par Pierre de Vilno, journaliste chez Europe 1, Tesla est apparu comme une préfiguration de l’Industrie 4.0. « Le modèle Tesla, c’est la brique qui manque dans l’industrie pour qu’elle puisse entrer de plain-pied dans la quatrième révolution industrielle », souligne ainsi Michaël Valentin.

Les différents intervenants s’accordent pour reconnaître la place centrale du digital dans ce modèle. « Avec ses voitures bardées de capteurs, collectant des données qui remontent dans un datacenter, Tesla produit de l’intelligence qui est immédiatement repartagée à l’ensemble de ses clients », explique Philippe Geoffroy.

Des écosystèmes industriels au service de l’expérience client

Pour les entreprises industrielles, la transition vers un modèle de ce type implique de réelles avancées dans la capacité à valoriser la donnée. Pour Philippe Geoffroy, ces acteurs ont vocation à devenir des entreprises du logiciel, des « data companies » qui vendent non plus des produits, mais des services basés sur la donnée. « On part d’une idée et on arrive à bâtir peu à peu tout un écosystème », décrit Guillaume Crunelle.

Comme le précise Philippe Geoffroy, le principal apport de cette quatrième révolution industrielle, basée sur les technologies numériques, est bien l’expérience client, même si des gains de productivité sont également au rendez-vous. Toute la valeur de l’Industrie 4.0, ce sont « des produits capables de s’améliorer automatiquement à l’usage, au sein desquels l’expérience client prime ».

« Tant qu’on ne mettra pas de la tech dans la fab, ou de la fab dans la tech, ni l’un ni l’autre ne fonctionneront », résume Erwan Coatanéa.

Quelles sont les autres caractéristiques du modèle Tesla ? En quoi l’Industrie 4.0 peut-elle contribuer à l’attractivité des entreprises françaises auprès des jeunes diplômés ? Peut-elle aider à réindustrialiser la France ?

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