L’intelligence artificielle au travail, qu’en pensent les français ?

Le baromètre de l’innovation d’Odoxa du mois de mars a interrogé les Français sur le thème de l’Intelligence Artificielle au travail. Selon Gérald Karsenti, directeur général SAP France :

60% des français indiquent avoir peur de l’IA alors qu’ils étaient 50% en mai 2016.

Cette défiance croissante est assez symbolique de la peur du changement : à l’approche d’un changement, le moral baisse et la peur s’exprime au regard de ce que l’on a à perdre. Une fois l’échéance passée, le moral remonte au regard des bénéfices apportés.

SI l’IA inquiète aujourd’hui,

        La technologie ne prendra pas le dessus sur l’homme : nous sommes encore bien loin des spéculations spectaculaires qui lui sont attribuées. A l’image des assistants vocaux qui entrent dans nos vies, les technologies actuelles ne sont capables que de reconnaitre des sentiments exprimés et proposer des réponses préalablement apprises. Les machines ne peuvent se passer des humains et les humains des machines.

        Cette révolution technologique ne détruira pas des emplois : en réalité, elle va déplacer l’emploi en créant de nouveaux métiers et augmentant la valeur des emplois existants.

Pour 34% des français, l’Intelligence Artificielle est évoquée dans leur entreprise.

Cela indique que la technologie n’est pas encore une priorité au sein des entreprises même si elle a commencé à intégrer le monde professionnel depuis une dizaine d’années avec l’arrivée :

        des chatbots pour désengorger les centres d’appels clients,

        l’analyse prédictive pour aider les industriels ainsi que la distribution à anticiper la demande et éviter les ruptures de stocks,

        le RPA dans les logiciels pour réduire les tâches répétitives de certains métiers.

39% des actifs déclarent qu’ils effectuent des tâches répétitives qui pourraient être automatisées. 

L’IA peut en effet rendre plus efficace et plus fluide le travail quotidien des employés et l’allocation des ressources. En automatisant certaines tâches par exemple, mais aussi en brisant les silos qui peuvent exister dans certains modes de fonctionnement, on peut aider les collaborateurs à faire leur travail plus efficacement et en perdant moins de temps sur des tâches à faible valeur ajoutée. Permettre par exemple aux vendeurs de se concentrer sur la relation client plutôt que sur l’inventaire, ou aux soignants de passer plus de temps avec leurs patients que sur des démarches administratives… C’est aujourd’hui, ce que peut apporter l’IA.

Dans le domaine de la sécurité ou de la surveillance épidémiologique par exemple, il est critique de savoir décrypter les données, leur donner un sens, en déduire des modèles qui permettent de mieux comprendre et prévenir les risques. L’IA devrait aider de nombreuses professions à ainsi mieux exercer leur métier.

Alors que 60% des français indiquent avoir peur de l’IA, 65% sont conscients que cette technologie va permettre d’améliorer l’organisation et les performances de l’entreprise. Ils y voient des bénéfices pour leur entreprise mais aussi pour eux puisque 59% estiment que l’IA va moderniser les métiers traditionnels et 56% considèrent même qu’elle peut améliorer le bien-être au travail.

Cependant, seuls 39% des français pensent que l’IA peut contribuer à améliorer les recrutements en faisant correspondre les offres avec les profils de candidats alors que la technologie le permet aujourd’hui. Les technologies d’IA intégrées dans les logiciels RH sont capables de réduire les biais dans les processus de recrutements depuis la rédaction d’une offre au recrutement, en passant par le choix d’un CV. Elles permettent même de prédire les salariés susceptibles de démissionner !

Retrouvez les résulats du baromètre dans son intégralité