industrie du futur

L’Industrie 4.0 au cœur des nouveaux modèles commerciaux

Au-delà des technologies qui la symbolisent, l’Industrie 4.0 entraîne avec elle trois transformations majeures pour les entreprises industrielles. Trois défis venus des nouvelles règles définies par les marchés grand public.

L’Industrie 4.0 apporte un changement plus profond que ne le laissaient supposer les premières tendances. Car derrière sa capacité à casser les silos, à personnaliser les produits aux attentes des clients, à gagner en visibilité sur la production, elle permet d’atteindre les niveaux de performance des modèles commerciaux récemment apparus sur les marchés grand public. Ce mouvement entraîne aussi l’adoption de nouvelles technologies comme le Machine Learning, l’Internet des Objets, la Blockchain. Pour Bruno Hemery, Head of Industry 4.0 chez SAP, l’Industrie 4.0 vise en réalité à s’aligner avec plusieurs tendances de fond du marché. Trois précisément.

La première d’entre elles consiste à passer de la production de masse à la personnalisation de masse, un phénomène qui impacte aussi l’industrie. Un exemple, celui d’Adidas où le consommateur a la possibilité de photographier son pied dans le magasin avec un appareil dédié, de choisir la chaussure en ligne de chez lui, d’indiquer ses préférences (formes, couleurs). Toutes ces indications sont transmises à la production. Au final, c’est bien cette chaussure ainsi conçue en collaboration avec le client qui sort des chaînes de fabrication. Un nouveau modèle de consommation qui impacte profondément l’usine et la supply chain.

L’usage du produit fait la vente

Deuxième tendance, la transition de la vente de produits à celle de services. Allant parfois jusqu’à la disparition de toute notion de vente d’un bien ! « Désormais, c’est l’expérience client qui fait la vente, éventuellement des services additionnels, mais plus le produit lui-même », tranche Bruno Hemery.. Une rupture. Avant, le fournisseur d’une machine la livrait à ses clients, la garantissait et n’avait plus de contact avec elle, sauf éventuellement lors des pannes. Dans le modèle numérique qui se met en place, la personnalisation de masse, le paiement à l’usage voire, à la performance, remet tout en question, le produit vendu comme un service reste relié au fabricant et à l’usine qui l’a fabriqué grâce à son jumeau numérique. Ce jumeau numérique fournissant des informations depuis la nomenclature des pièces détachées, des instructions de maintenance en 3 dimensions et même un modèle de comportement permettant en fonction des conditions d’usage réelles de prédire les pannes. Au passage, la vieille image de l’usine qui coûte trop cher, et qui se voit par conséquent systématiquement soumise à des compressions budgétaires, s’estompe au profit d’une usine impliquée tout au long de la vie du produit. La composante clef de sa rentabilité.

Troisième tendance, le passage du réactif au prédictif. Car l’attitude réactive est la source de multiples inefficacités dans l’industrie : machine en panne, livraisons en retard, qualité inférieure au niveau acceptable pour une ligne de production, produits endommagés, etc. Des dysfonctionnements consommateurs de temps, notamment lorsqu’il s’agit d’examiner les retours. Avec les données en temps réel et des technologies telles que l’apprentissage automatique, l’Intelligence Artificielle (IA) et l’analyse prédictive, le responsable de production aura un aperçu en temps réel des actifs sur le terrain, dans l’usine, ou des camions sur la route et des prévisions météorologiques, susceptibles d’avoir un impact sur la chaîne logistique.

Un outil de production qui s’adapte

Si l’usine 4.0 apparaît donc comme un nouveau paradigme dans l’industrie, encore faut-il savoir intégrer les changements que cela implique, pour devenir plus agile, plus fluide, plus autonome et plus intégré avec sa supply chain. Pour Bruno Hemery, il s’agit de mettre sur pied un outil de production agile, piloté par la demande, la donnée, et capable de produire des produits hautement configurés » . Au sein de l’usine 4.0, les changements sont d’abord projetés sur des modèles en 3D, pour en valider la pertinence, les machines sont associées à des modèles prédictifs, capables de prévoir la réaction de cet actif à un changement de paramètres, les processus très automatisés sont largement robotisés. « L’idée est donc de fournir une intégration entre la machine et l’ERP d’un côté, et entre la prévision de la demande et la livraison du produit de l’autre », poursuit le responsable.

Les solutions mises en avant par SAP tournent d’abord autour de l’ingénierie de fabrication (manufacturing engineering), et de l’intégration entre bureaux d’études et fabrication (avec SAP S/4 HANA). Toutes les informations et les exigences des calendriers de production, parfois changeants, sont prises en compte. La fabrication est ainsi totalement intégrée dans l’ordonnancement. Un module de planification assure par ailleurs le pilotage par la demande et l’intégration des processus de la chaîne logistique de bout en bout.

Rendre la fabrication plus efficace

Aux côtés des solutions dédiées à l’intégration horizontale couvrant de bout en bout la continuité des processus produits (R&D, ingénierie de fabrication, fabrication et opérations), et supply chain (de la planification à la logistique), SAP Digital Manufacturing, la solution Industrie 4.0 de SAP, comporte un module d’exécution de la fabrication (Manufacturing Execution System). Il rend la fabrication plus efficace, en intégrant la gestion de la qualité et le pilotage. Le module analytique (Digital Manufacturing Insight) va rendre plus visibles tous les évènements survenant dans la production : retards, problèmes de qualité, niveaux de production atteint, etc. Le tout est intégré verticalement (IT/OT, Machine 2 Machine, Industrial IoT) à des solutions d’automatisation de la production (Industrial Automation), capables de se connecter aux équipements de production, de remonter en temps réel les informations sur les événements survenant sur la chaîne et de proposer de la qualité prédictive. Quant à SAP EHS (Environment, Health and Safety), il réduit les risques, non seulement les risques physiques pour les opérateurs, mais également ceux touchant les produits afin de les rendre moins dangereux, par exemple moins polluants.

Toutes ces solutions constituent un tremplin vers l’Industrie 4.0, la transformation des processus de fabrication et de la chaîne logistique pour une intégration de bout en bout. Car seule cette intégration permettra réellement de répondre aux trois défis économiques que masquent les technologies de l’Industrie 4.0 : de la production en série à la personnalisation en série, de la vente de produits à la fourniture de solutions, de la réduction des coûts à l’augmentation des revenus.

Production : satisfaire aux nouveaux modèles commerciaux

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