Grande distribution : comment réussir la mise en œuvre de la transformation digitale

Confrontés à la transformation rapide des attentes des consommateurs, les acteurs de la grande distribution doivent accélérer leur transformation numérique. Au-delà d’une stratégie, ils ont surtout besoin d’une méthode et d’un outillage adéquats pour mener à bien leurs projets structurants.

Pour accompagner les retailers dans leur transformation numérique, le cabinet d’études IDC, en collaboration avec SAP, a imaginé une feuille de route type, aboutissant à la mise en place d’un système d’information modulaire, ouvert sur l’écosystème de partenaires et piloté par les données. Une feuille de route structurée en trois étapes clés, et qui part de l’horizon le plus lointain fixé ici à 48 mois – horizon où doit s’achever la transformation en profondeur des modèles économiques – pour définir les projets à concrétiser au cours des deux horizons précédents, par rétro-ingénierie.

Prise seule, cette feuille de route ne suffit évidemment pas. Encore faut-il y associer une méthodologie de mise en œuvre éprouvée. D’où un second document produit par le même cabinet d’études et centré cette fois sur cet aspect. IDC choisit d’y mettre l’accent sur un projet de référence dans la feuille de route des retailers : la mise en place d’une plateforme de commerce unifié, intégrant le back-office et les fonctions de front-office et assurant une gestion synchronisée des opérations sur tous les canaux. « Ce système est voué à servir de fondation aux projets d’innovation à long terme ; qui plus est, sa mise en place, qui passe par toutes les étapes clés d’un projet type – pilote, implémentation et passage à l’échelle – doit s’effectuer à un rythme soutenu qu’impose le contexte concurrentiel du retail », écrit IDC, pour justifier son choix.

Des compétences de plus en plus pointues

Cette initiative structurante, dont la mise en œuvre est fixée à un horizon de 48 mois dans la roadmap définie par le cabinet, s’appuie sur un certain nombre de projets intermédiaires, 8 au total, qui doivent être déployés au préalable, au cours des deux premiers ‘horizons’ de transformation. Autant de pré-requis, nécessitant parfois des compétences techniques pointues, susceptibles de se transformer en chausse-trappes pour les organisations mal préparées. « A mesure que les entreprises passent d’un horizon à l’autre, elles prennent peu à peu conscience que les compétences digitales nécessaires pour mettre en œuvre les différents cas d’usage deviennent de plus en plus pointues », relève le cabinet d’études américain.

Par exemple, dès le premier horizon de transformation imaginé par IDC et SAP, les organisations se retrouvent confrontées à l’implémentation de la technologie Blockchain, exploitée afin de fluidifier les transactions au sein du réseau de partenaires, ou encore à l’intégration de leurs multiples CRM. Tandis que la seconde étape les mettra notamment aux prises avec la construction d’un écosystème connecté : maîtrise des API, gestion des contenus digitaux, intégration de l’IA (pour prendre les meilleures décisions d’approvisionnement par exemple) ou encore modernisation de la gestion des stocks pour fluidifier l’expérience client sur tous les canaux.

Une méthode et un outillage : deux pré-requis

Pour passer avec succès toutes ces étapes intermédiaires, conditions préalables à un fonctionnement en écosystème basé sur une plateforme de commerce unifiée, IDC et SAP recommandent à la fois une méthode et un outillage. La méthode à appliquer à chaque projet pris individuellement s’appuie sur trois étapes successives, afin de minimiser les risques : idéation, incubation et accélération. Si le processus créatif – première des trois étapes – est encadré par l’existence d’une roadmap prédéfinie, il doit tenir compte du contexte dans lequel est plongée chaque organisation, des défis spécifiques qu’elle rencontre. Ensuite, durant l’incubation, il s’agira de bâtir une version minimaliste de la solution (un MVP pour Minimum Viable Product), afin d’en tester la pertinence auprès des utilisateurs. Ce n’est qu’une fois ce prototype validé que démarre l’étape d’accélération, basée sur une démarche dite de ‘growth hacking’. « L’objectif est alors d’optimiser la solution tout en la passant à l’échelle auprès de sa base réelle d’utilisateurs », explique IDC.

La réussite des déploiements soulève également la question du sponsoring – de l’appui des dirigeants, un facteur clef pour rendre effectives les stratégies de transformation – et celle du paysage IT existant. Car, comme le remarque IDC, « les projets sont souvent freinés par le socle IT dont dépend l’organisation. C’est là que réside l’origine de la formation d’îlots d’innovation, où se trouvent confinées les initiatives digitales, assises chacune sur leur propre fondation technologique. »

Pour éviter cet écueil, IDC milite pour la mise en place d’une architecture commune aux différents projets, appelé à servir de socle aux relations temps réel que les retailers doivent bâtir avec leurs partenaires et avec les consommateurs. Cette plateforme digitale doit aider à démocratiser l’usage de la donnée au sein de l’organisation et servir de support à des cycles accélérés d’innovation, grâce au recours au Cloud et à une simplification de l’intégration. Facilitant ainsi le test de nouvelles solutions ou scénarios d’usage. « Les capacités (des organisations) à mener à bien les cas d’usage décrits aux horizons 1, 2 et 3 de la roadmap dépendront des compétences mises en œuvre autour de la plateforme digitale », tranche IDC. Pour le cabinet, c’est l’association des technologies idoines et des couches de service de cette plateforme digitale qui permettra de mettre en œuvre le ‘retail expérientiel’, objectif clé associé à la mise en place du système de commerce unifié.